La phrase "je vais bien, ne t'en fais pas" sonne fausse et pourtant c'est cette phrase que je prononce. Mais je ris, j'ai le sourire aux lèvres et je pleure de joie ! Je me dis même que je suis très heureuse et puis je me retrouve seule...
Je me retrouve seule chaque nuit dans un lit qui n'est pas le miens et dans une chambre qui n'en n'ai pas une. Je ne veux pas fermer les yeux, je m'y refuse, j'ai trop peur...mais les cauchemards parviennent à traverser mes pensées les plus joyeuses...
Tout d'abord il y a cette odeur..j'en connais toutes les nuances jusqu'aux plus amères, acres et acides, elle entre par le nez, remonte jusqu'à la tête et vient se graver dans ma mémoire..
Puis la fumée arrive, elle m'envelloppe tendrement, c'est ce qui est le pire, parce que c'est dans cette fumée que j'ai fahi rester. Viens ensuite le piquotement dans la gorge qui persiste et les yeux qui pleurent...
Maintenant c'est le bruit...entre les hurlements de ma mère car mon père est encore à l'interieur et le crépitement des flammes, brulant ma maison, mes souvenirs, mon enfance, mon passé. Est-ce des rires d'enfants que j'entend disparraitre petit à petit ?
Puis je vois...je vois les flammes sortant de chaque fenêtre de la maison, je vois cette lumière orange intense à travers la porte d'entrée. Et je me vois là petite fille disparaissant dans les flammes.
"Adieu petite fille, tu vas me manquer"
Ce soir là c'est mon enfance qui est partit en fumée. Je suis morte un 3 janvier, je suis née un 4 janvier, c'est tout. Alors je fais le deuil de mes souvenirs et je regarde vers l'avenir. J'ai pas peur...peut être un peu. Je ne fuis pas mon passé parce que j'en ai plus. J'affronte le présent parce qu'il ne me laisse pas le choix. Et je souris au futur car il me tend les bras. Je perdrais pas mon sourire, je vous le promet, et si vous voyez des larmes, laissez les tomber...
Mais je ne sais pas quoi ressentir car je ne sais pas ce que toi tu ressens...
Tu arrives à fermer les yeux toi ?
Tu ne l'as pas vécu mais après tout on est telment proche nous deux que tu as du le ressentir, tu ressens peut être la même douleur que moi. Je suis si proche de toi que j'ai froid près des autres... C'est un moment très dur à passer et sans toi c'est encore pire. Je n'arrive plus à dormir. J'ai eu si peur, si tu savais...Et de frayeur je suis encore entrain de trembler. Il me reste 3 mois loin de tes bras, loin de ton sourire, loin de nos rires qui se mélangent..je suis si près de toi que j'ai froid près des autres. Je me dis que si j'étais dans tes bras, ne serait-ce qu'à côté de toi, nos deux têtes sur le même oreillers enfin je n'aurais plus peur de rêver. Il y a même pas 2 mois nous étions au pays des merveilles, fallait-il vraiment qu'on se réveille ? J'ose pas pleurer si tu n'es pas là pour me consoler. J'ose pas hurler car tu n'es pas là pour me calmer. J'ose pas paniquer parce-que tu n'es pas là pour me rassurer. J'ose pas craquer parce que tu n'es pas là pour me relever. J'ose pas vivre tout simplement si ce n'est pas avec toi Ronan.